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France : Vote de défiance populaire contre Emmanuel Macron

À l’issue du premier tour des législatives, le parti présidentiel « Ensemble » est talonné par la « NUPES ». Mais Jean-Luc Mélenchon dénonce un hold-up du ministère de l’Intérieur et revendique la victoire. Un vote de défiance populaire contre Emmanuel Macron qui pourrait ouvrir une ère de cohabitation.

Le triomphe timide voire embarrassé de la présidentielle est confirmé par les résultats du dimanche 12 juin. À postériori, l’issue des urnes éclaire les sentiments des français qui se sont déplacés pour élire leur chef d’État le 24 avril. Il confirme que les 58.5% de voix recueillies par Emmanuel Macron face à Marine Le Pen, ne sauraient être interprétés comme un vote d’adhésion ou de confiance. Mis à part le cœur de son électorat, composé de centristes, d’anciens « républicains » et d’ex socialistes, le premier des feu « marcheurs » n’avait su que canaliser les ennemis de l’extrême droite, tout en laissant les « ni, ni » sur le carreau. Au grand dam de la démocratie, ces derniers ont toutefois obtenu leur revanche dimanche : 52.3% des français ont boudé les isoloirs. Un échec imputable à l’ensemble de la classe politique française et aux institutions d’une Ve République en mal de proportionnelle.

Avance contestée pour « Ensemble »

Si la majorité présidentielle dépasse l’union des gauches avec 25,75 % des voix, contre 25,66 % pour la Nouvelle Union populaire, écologique et sociale (NUPES), ce n’est que d’une courte tête. De quoi affoler l’état-major d’« Ensemble », malgré l’attitude composée de la Première ministre, Élisabeth Borne. D’autant qu’une polémique vient ternir les chiffres officiels délivrés par le ministère de l’Intérieur. D’autres chiffrescontredisent en effet l’avance du parti présidentiel. Notamment publiés par le quotidien Le Monde, ils placent la NUPES à 26,10 % et « Ensemble » en deuxième avec 25,81 % des suffrages.

Comment expliquer ces chiffres concurrents ? Entre les candidats socialistes rebelles, refusant la casquette NUPES et les écologistes classés hors de l’union des gauches par le ministère de l’Intérieur, la nature arc-en-ciel de la NUPES aurait embrouillé l’étiquetage des candidats. Le directeur de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon et candidat de la NUPES dans les Bouches-du-Rhône, Manuel Bompard, dénonce une « manipulation » de la place Beauvau. L’écologiste David Cormand parle pour sa part de « calcul d’apothicaire ».

Petits arrangements comptables ?

Derrière la guerre des chiffres, se cache celle des labels. Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin avait, dans un premier temps, choisi « de ne pas regrouper, sous une nuance unique, les partis politiques ayant créé la coalition de La Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) issue de l’accord entre LFI, le PS, EELV et le PCF », a expliqué le Conseil d’État. Le ministre de l’Intérieur préférant des étiquettes « LFI », « COM », « ECO » ou « SOC » pour les candidats issus de La France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon, du Parti Communiste Français, d’Europe Ecologie Les Verts ou du Parti Socialiste, pourtant membres de l’alliance. 

Mais le Conseil d’État l’a contraint à revoir sa copie. Le 7 juin, l’institution a imposé au ministère de « comptabiliser la Nupes comme une nuance politique unique dans la présentation des résultats qui sera faite ».  

Si la nouvelle gauche française doit encore batailler pour réaliser l’exploit d’imposer une cohabitation à Emmanuel Macron, elle pourrait aisément priver le président français d’une majorité absolue. « Rien ne va plus ! », d’autant que les résultats du premier tour pourraient réveiller une partie des électeurs désabusés qui ont fait le choix de l’abstention. Un nouveau paysage politique se dessine déjà.

Teria News

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