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Mali : derrière la « tentative de coup d’État », la guerre intestine du CNT

Purge entre militaires du CNT. Derrière la « tentative de coup d’État » se cache en réalité des règlements de compte entre les colonels, divisés sur l’orientation de la Transition malienne et sur son chef, Assimi Goïta.

Y-a-t-il réellement eu tentative de coup d’État contre le Mali dans la nuit du 11 au 12 mai ? Une chose est certaine : le tableau brossé par le communiqué du lundi 16 mai est plus complexe que les autorités de Transition ne le laissent paraitre.

Consécutive au retrait du G5 Sahel à cause des « manœuvres d’un État extra-régional visant désespérément à isoler le Mali », l’évocation d’un « État occidental », soutien des mutins au « dessein malsain », a le mérite de grossir l’image d’un ennemi externe dans l’imaginaire collectif. Dans le contexte de la guerre de communication engagée avec la France, elle permet aussi de faire diversion. Un écran de fumée pour dissimuler de profondes fractures idéologiques au sein du Conseil national de Transition (CNT) ? Seuls les protagonistes de l’exécutif malien peuvent le dire.

Les colonels ne s’entendent plus. En cause : l’orientation de la Transition. En particulier la ligne souverainiste adoptée vis-à-vis de la France et de ses partenaires occidentaux et le pivot stratégique vers la Russie.

Depuis une semaine, les interpellations se multiplient. Elles visent des membres du CNT, organe législatif de la Transition, plus précisément, ceux appartenant à une aile dissidente, opposée à la ligne suivie par le président de la Transition, Assimi Goïta et son ministre de la Défense, le colonel Sadio Camara.

Le colonel Amadou Keïta serait introuvable depuis plusieurs jours. Parmi les putschistes d’août 2020, Amadou Keïta est réputé proche de l’influent Malick Diaw, président du CNT et selon certaines sources, un des meneurs de la fronde anti-Goïta.

En dehors du CNT, les interpellations ont aussi visé Ahmed Baba Ag Ahmeida, membre de la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA). Une arrestation condamnée par la CMA : « de telles interpellations qui ne servent qu’à détériorer le faible climat de confiance existant entre les parties », a réagi l’organisation.

La purge actuelle sur fond de guerre intestine entre colonels du CNT affaiblit une Transition déjà fragile. Isolée sur le plan régional, les alliés d’hier l’ont entrainée dans un bras de fer diplomatique sans précédent.

Teria News

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