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L’OTAN se prépare à une intervention au Sahel

L’OTAN bientôt au Sahel ? Un exercice militaire entamé le 24 novembre en Italie prépare une intervention de l’OTAN au Sahel. La dernière carte de l’occident face à la montée en puissance de la Chine et la Russie dans la région ?

En état de « mort cérébrale », l’organisation de défense pourrait se refaire une jeunesse en investissant de nouveaux espaces, dont le Sahel. Créée en 1949, l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) scellait le partenariat né de la Seconde Guerre mondiale entre les pays d’Europe de l’Ouest et les États-Unis contre la Russie, dans un contexte de début de Guerre froide, notamment matérialisé par le blocus de Berlin. Depuis, l’implosion du bloc soviétique a déplacé la « menace » à l’Est, l’OTAN étant désormais cruciale pour les anciens pays satellites de l’Union soviétique, craignant les velléités expansionnistes et revanchardes de Moscou, en particulier après l’invasion de la Crimée en 2014.

Si elle conserve son sens originel pour les pays d’Europe de l’Est pétrifiés par la fougue de la Russie de Vladimir Poutine et permet aux États-Unis de vendre des armes à ses alliés, il n’en demeure pas moins que 70 ans après sa création, l’organisation cherche une raison d’être, des débouchés pour justifier un budget de fonctionnement et joue à terme sa survie, en particulier après les fiascos d’Afghanistan et de Libye sous fond de divisions entre États membres.

L’OTAN en voie de se réinventer au Sahel ?

À en croire les activités et déclarations récentes de l’organisation, l’OTAN oriente bel et bien ses regards vers le Sud. En 2017 déjà, l’institution créait un Pôle OTAN pour le Sud, basé à Naples. En octobre dernier, au cours d’une réunion à Bruxelles avec les ministres des États membres participants à la coalition contre l’organisation État islamique, le Secrétaire général, Jens Stoltenberg, a annoncé que « l’Alliance étudiait les possibilités d’étendre ses partenariats aux pays de la région du Sahel ». Avec l’exercice militaire virtuel entamé le 24 novembre en Italie dans l’optique d’une intervention de l’OTAN au Sahel, le message est clair.  

Le scénario imaginé pour cet exercice met en scène 298 milices et groupes terroristes dans un contexte de violence « ethnico-religieuse et sectaire ». À la demande les États du Sahel, l’OTAN interviendrait alors pour « soutenir et protéger les populations, permettre l’arrivée de l’aide humanitaire, gérer l’afflux de migrants. »

En plus de nourrir l’avidité du complexe militaro industriel, une intervention de l’OTAN au Sahel pourrait être la dernière carte de l’Occident, poussé par la France, face à la montée en puissance de la Chine et la Russie dans la région. Elle scellerait aussi la stratégie de la militarisation des pays du Sud sous prétexte sécuritaire, comme brèche ouvrant la voie à une présence néo-colonialiste en Afrique.   

Teria News

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