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Centrafrique : Un avion inconnu attaque un camp militaire 

La République Centrafricaine a été la cible de bombardements dans la nuit de dimanche 27 à lundi 28 novembre. Bangui annonce qu’un de ses camps militaires a été attaqué par un aéronef inconnu qui s’est ensuite replié vers le Tchad.

Plus de peur que de mal. Mais l’attaque de Bossangoa, situé au nord-ouest de la Centrafrique, ravive le spectre de la guerre dans un pays qui sort à peine d’une décennie d’instabilité. Dans la nuit de dimanche 27 à lundi 28 novembre, un aéronef, sans autorisation de survol du territoire centrafricain, a largué des explosifs dans la ville ciblant le camp militaire des forces armées centrafricaines (Faca) et des paramilitaires russes de Wagner.

Hormis d’importants dégâts matériels, aucune victime n’est à déplorer. Les autorités centrafricaines condamnent « un acte ignoble perpétré par les ennemis de la paix et qui ne restera pas impuni ».

Après les bombardements, l’appareil a, selon un communiqué centrafricain, traversé la frontière nord de la Centrafrique, à savoir la frontière commune avec le Tchad. Or, N’Djamena et Bangui entretiennent des relations exécrables. En effet, la Centrafrique accuse le Tchad de soutenir les mouvements rebelles opérant sur son territoire en leur permettant d’utiliser le sol tchadien comme base arrière et en veut pour preuve l’asile accordé par N’Djamena à leur principal chef, l’ex-président François Bozizé. Le Tchad pour sa part, a, en février 2022, accusé un important chef rebelle tchadien d’avoir cherché le soutien de Wagner en Centrafrique. Ce dernier a, depuis, rejoint le camp de Mahamat Déby. 

Isolement régional de la Centrafrique

La coopération militaire entre la France, alliée des voisins de Bangui dont le Tchad, et la Centrafrique a été étroite et quasi exclusive (guerre civile de 2013 à 2016) jusqu’à l’entrée en jeu de la Russie. Moscou a en effet envoyé des centaines d’instructeurs pour conseiller, former et équiper l’armée centrafricaine. Face à une rébellion surarmée, l’armée centrafricaine est réduite à l’impuissance par l’embargo sur les armes imposé par la France via le Conseil de sécurité de l’ONU. En 2018, jugeant que Paris sabote ainsi les efforts de reconquête de son territoire, le gouvernement du président Touadera s’est tourné vers la Russie.

Officiellement, les experts militaires russes sont au nombre de 535, officieusement, on en compte plus d’un millier en ajoutant les mercenaires de la société militaire privée russe Wagner. En échange de leur appui, la Centrafrique accorde aux entreprises russes des licences d’exploitation minière (or, diamants uranium). Cette influence et ces ressources provoquent une lutte de pouvoir entre Paris et Moscou et de vives tensions entre Paris et Bangui. Les autorités centrafricaines ont, à plusieurs reprises, pris leurs distances avec la France en l’accusant à demi-mot d’œuvrer dans l’ombre à la déstabilisation de son ancien pré-carré dans la région.    

Teria News

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