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CEDEAO : un nouveau sommet pour rien

Sommet de la CEDEAO sur le Mali, le Burkina Faso et la Guinée. Les chefs d’État de la sous-région Ouest-africaine maintiennent le statu quo. Un sommet pour rien ?

Aussitôt partis pour Accra, aussitôt rentrés ? Oui, enfin presque. Samedi 4 juin, les débats des chefs d’État de la CEDEAO les ont portés plus loin que de coutume. De longues heures de délibération qui laissent deviner une absence de consensus et des divisions entre tenants d’une ligne dure d’une part et dirigeants favorables à un infléchissement de la posture communautaire.

Cinq mois après sa mise sous embargo et compte tenu de la lumière portée sur Bamako, c’est tout naturellement le Mali qui a occupé la majeure partie des débats. Les deux parties campent sur leurs positions respectives : deux ans de Transition supplémentaire pour le gouvernement de Choguel Maïga contre 16 mois pour la CEDEAO.

Faute d’accord entre l’assouplissement des sanctions et leur durcissement, les dirigeants de la CEDEAO ont choisi de reconduire le train de sanctions voté le 9 janvier dernier contre la Transition malienne. Cette fois en effet, le camp le plus ferme n’est pas parvenu à rallier à lui la majorité des pays membres de l’organisation. Niger, Ghana et Gambie rencontrent notamment l’opposition du Togo, dont le président Faure Gnassingbé a été désigné comme médiateur par Bamako, du Sénégal et, c’est une nouveauté, de la part du Nigeria, le président Muhammadu Buhari estimant inhumain le maintien de l’embargo contre le peuple malien, en particulier dans le contexte de la guerre en Ukraine et la crise économique qu’elle laisse dans son sillage.

La Transition guinéenne était également au menu des discussions. 34 mois de Transitions sont toujours inacceptables pour la CEDEAO qui s’inquiète également de la dégradation du climat socio-politique du pays où, malgré les appels de l’ONU, Mamadi Doumbouya a maintenu l’interdiction de manifester. Interdiction toutefois bravée par la rue. Un jeune homme a même été tué par balles mercredi à Conakry lors de heurts entre forces de sécurité et manifestants protestant contre la hausse des prix du carburant.

Outre la nomination de l’ancien président nigérien Mahamadou Issoufou comme médiateur pour le Burkina Faso, la CEDEAO marque également le pas sur ce dossier. L’organisation rejette à nouveau le chronogramme de 3 ans transmis par Ouagadougou et fait part de préoccupations sur les situations sécuritaire et humanitaire du pays.

Indécise, la CEDEAO renvoi sa décision au mois prochain concernant les trois régimes de Transition de la sous-région.

Teria News

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