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Courtisé pour son pétrole, le Venezuela dicte ses conditions aux États-Unis et à l’UE

Diplomatie souterraine des États-Unis et de l’Union européenne (UE) envers le Venezuela. Le pétrole russe devenu indésirable, l’ancien ennemi juré de l’Occident est aujourd’hui courtisé pour son pétrole. Mais Nicolas Maduro pose ses conditions. Précisions.

L’exemple du Venezuela l’illustre à nouveau : la roue tourne. Ennemi d’hier, ami d’aujourd’hui ? Peut-être. Mais surtout, pas sans conditions.

Deux semaines après l’embargo décrété sur le pétrole russe, les États-Unis cherchent à alléger la facture à la pompe du consommateur américain, déjà frappé au portefeuille par une inflation historique. Bien embarrassé, l’Oncle Sam n’a d’autre choix que de se tourner vers le Venezuela.

Parallèlement, alors qu’elle tente, sans grand succès, de convaincre son opinion et le monde qu’elle peut se passer de l’or noir russe à court et moyen terme, loin des regards, l’Union européenne (EU) ravale sa salive et son orgueil envers Caracas. Ainsi, ostracisé depuis 2019 et la tentative de coup d’État institutionnel de Juan Guaido, soutenue par Washington et le reste du « monde libre » à grand renfort de sanctions économiques, Nicolas Maduro tient sa revanche sur l’Occident. Sa mise au ban aura duré trois ans. Le président vénézuélien est sur le point de passer d’« Usurpateur », « Dictateur », à dirigeant fréquentable. Un renversement d’alliance qui prouve qu’en géopolitique, la seule dictature qui soit, est celle des intérêts.   

Nicolas Maduro pose ses conditions

Le Venezuela ne reprendra ses exportations de pétrole avec les États-Unis et l’UE qu’à condition que les chancelleries occidentales reconnaissent Nicolas Maduro comme président légitime du Venezuela. Une courtoisie refusée au chef d’État vénézuélien depuis sa réélection contestée de 2018, mais accordée volontier au président de l’Assemblée nationale, Juan Guaido. 

Caracas a confirmé avoir reçu le 5 mars, une délégation envoyée par la Maison Blanche. Les émissaires américains ont été reçus bien que les deux pays n’entretiennent plus de relations.

Au cours du Forum diplomatique d’Antalya (Turquie), le haut représentant de l’UE pour les Affaires étrangères Joseph Borrell et le ministre vénézuélien des Affaires étrangères Félix Plasencia, ont discuté d’un allègement des sanctions contre Caracas contre exportation de son brut, dans le contexte de la guerre en Ukraine.

« Nous avons une relation commerciale pétrolière de 100 ans avec les États-Unis. Ils sont partis pour mettre en place des mesures coercitives. Maintenant, ils veulent revenir. Eh bien, s’ils acceptent que le seul gouvernement légitime du Venezuela est celui dirigé par le président Nicolas Maduro, bienvenue aux compagnies pétrolières américaines et européennes. »

Félix Plasencia, ministre vénézuélien des Affaires étrangères

Une fois le calumet de la paix fumé, le Venezuela se dit même prêt à doubler sa production de pétrole d’un à deux millions de barils par jour pour répondre à la demande occidentale pressante.

Sous sanctions depuis 2019, le pays a survécu grâce à la Russie, la Chine et l’Iran. Le présent retournement de situation prouve les limites, voire l’inefficacité de la politique de sanctions comme arme de déstabilisation.

Teria News

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