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Guinée : le domicile de Cellou Dalein Diallo, premier challenger du Président sortant Alpha Condé, est encerclé par les forces de l’ordre depuis lundi soir

Cette mesure suit la déclaration de victoire de l’opposant à la présidentielle du dimanche 18 octobre.

C’est désormais une tradition dans les processus électoraux sur le continent, un tableau connu au lendemain d’un scrutin présidentiel. Celui d’un duel entre un Président sortant, attendant la proclamation officielle des résultats par une Commission électorale, indépendante, autonome… ou pas; et d’un opposant qui par peur, peut-être une énième fois, de se faire voler la victoire, se proclame, de façon parfois burlesque, vainqueur de l’élection, ce qui lui vaut une assignation à résidence qui ne dit jamais son nom.

Préparer la contestation post-électorale

Après Maurice Kamto en octobre 2018 et Agbéyomé Kodjo en février 2020, c’est au tour de Cellou Dalein Diallo de voir son domicile encerclé par les forces de l’ordre quelques heures après s’être déclaré vainqueur du scrutin de dimanche.

« Mesdames et Messieurs de la presse nationale et internationale, en dépit des nombreuses fraudes qui ont entaché le scrutin présidentiel d’hier en République de Guinée, je sors victorieux dès le premier tour. Je remercie les membres et sympathisants de l’Alliance qui m’a accompagné dans cette élection ainsi que l’ensemble du peuple guinéen pour la confiance placée en moi » a déclaré le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG). À l’invitation de l’opposant qui a appelé ses partisans à « défendre » leur « victoire », cette annonce a été accompagnée par des vagues de guinéens déferlant dans les rues de bastions de l’UFDG comme la capitale, Conakry. Des scènes de liesses ont éclatées en Moyenne Guinée ainsi qu’à Boké, alors que des affrontements entre militants ont été enregistrés à Nzérékoré et Macenta, au sud du pays.

Cellou Dalein Diallo, qui affirme s’être fait voler les scrutins de 2010 et 2015 par Alpha Condé, entend couper l’herbe sous le pied de son adversaire politique en le prenant de court. Cette tentative de dribble vise aussi à contester plus aisément, devant les instances nationales comme internationales, les résultats officiels.

Un acte regretable et répréhensible selon le gouvernement

Le parti au pouvoir, dont le chef du groupe parlementaire Aly Kaba dénonce un « acte de provocation ». « Nous avons des institutions républicaines qui sauront réagir » a-t-il déclaré. Le gouvernement, qui évoque un « acte irresponsable » et anti-républicain, menace « d’engager des poursuites judiciaires » contre le président de l’UFDG.

Dans le même temps, la Commission électorale nationale indépendante (Céni), elle, poursuit ses opérations de compilation des voix de 5,3 millions d’électeurs potentiels, invités à porter leur choix sur un des 12 candidats à la magistrature suprême. L’UFDG se met « en dehors de la démocratie », juge la Céni, qui voit d’un mauvais œil d’avoir été prise de vitesse. L’institution publiera les résultats provisoires dans les 72 heures suivant la réception du dernier procès-verbal.

Teria News

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