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L’Algérie médiatrice entre le Mali et la CEDEAO ?

L’Algérie se fait médiatrice entre le Mali et la CEDEAO. Après les dures sanctions adoptées par l’organisation dimanche, Alger veut faire contre-poids, exprime sa «pleine disponibilité» à appuyer un dialogue serein et propose une transition de 12 à 16 mois.

De retour sur la scène régionale avec l’avènement au pouvoir d’Abdelmadjid Tebboune, l’Algérie entend jouer un rôle dans cette période charnière de l’histoire du Mali dont elle s’est rapprochée ces derniers mois. En plus de son implication dans le processus d’Alger visant à mettre un terme au conflit entre Bamako et la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) et ses 1400 km de frontières communes avec le Mali, l’Algérie s’est posée en parrain du régime d’Assimi Goïta dans sa rébellion contre l’influence de Paris. C’est que Bamako et Alger, l’une concernant le « coup d’État dans le coup d’État » dénoncé par Emmanuel Macron, l’autre vis-à-vis des accusations du président français d’entretenir une « rente mémorielle », se sont trouvées des atomes crochus dans une hostilité partagée contre le néocolonialisme français.

L’Algérie veut faire contre-poids à la CEDEAO dans la crise malienne

Ainsi, c’est sans surprise que l’Algérie a exprimé ce mardi 11 janvier sa « pleine disponibilité » à appuyer le Mali et la Communauté des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) « sur la voie salutaire de la compréhension mutuelle autour d’une vision solidaire ».

« En sa double qualité de chef de file de la Médiation internationale et Président du Comité de suivi de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger, et à titre également de pays voisin partageant une longue frontière terrestre ainsi qu’une longue histoire de bon voisinage et fraternité avec le Mali, et à l’occasion de ses interactions récentes avec les autorités maliennes, tout en mettant en garde contre les conséquences politiques, sécuritaires et économiques que peut avoir toute transition longue telle que celle envisagée par la partie malienne, l’Algérie a plaidé pour un dialogue serein et réaliste avec la CEDEAO en vue de parvenir à un plan de sortie de crise qui tienne compte des exigences internationales et des aspirations légitimes du peuple malien, ainsi que des facteurs endogènes liés aux dynamiques nationales maliennes »

Présidence algérienne, communiqué du 11 janvier

C’est « dans cet esprit que le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a, dans l’audience qu’il a accordée le 6 janvier courant à une délégation malienne de haut niveau, insisté sur la nécessité pour les autorités de la transition du Mali de s’engager à faire de l’année 2022 celle de l’instauration d’un ordre constitutionnel malien rassembleur et consensuel ayant pour objectif de consacrer les acquis et les préconisations de l’Accord de paix et de réconciliation au Mali issu du processus d’Alger », ajoute le texte qui, propose une « période de transition d’une durée ferme de douze (12) à seize (16) mois », compte tenu de la « complexité des problèmes structurels et conjoncturels et aux défis que le Mali doit relever, y compris dans la lutte contre le terrorisme ». Si Alger se montre moins intransigeante que la CEDEAO, elle reste bien loin des 4 ans concédés par Bamako à la Conférence des chefs d’État de la sous-région.

Reconnaissant à chaque partie son rôle, l’Algérie regrette toutefois la sévérité des sanctions de la CEDEAO. « Devant les risques graves et les épreuves que portent en elle la panoplie de sanctions massives annoncées par le sommet extraordinaire des chefs d’Etat de la CEDEAO, ce 9 janvier à Accra, ainsi que les contre-mesures annoncées par le gouvernement de la République du Mali, l’Algérie appelle toutes les parties à la retenue et au réengagement dans le dialogue en vue d’éviter à la région un engrenage de la tension et une exacerbation de la crise », indique le communiqué.

Dans le même temps, alors que les autorités de Bamako appellent à la mobilisation des maliens le 14 janvier prochain, la France, l’Union européenne (UE) dont Paris vient de prendre la présidence tournante et les États-Unis, ont ce mardi, apporté leur soutien à la CEDEAO en approuvant la batterie de sanctions adoptées contre le Mali.

Lire ou relire: « Retour de l’Algérie sur la scène régionale, vers une présence militaire au Mali ? »

Teria News

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