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RDC : le mouvement #FreeCongo mis en lumière par les Léopards

6 millions de morts dans l’indifférence générale ? Mercredi 7 février, la rencontre entre la RDC et la Côte d’Ivoire, dans le cadre de la CAN, a été l’occasion pour les Léopards, comme leurs supporters, de rappeler au monde le « génocide » qui se déroule à l’est de la RDC. Mais sans les caméras de Canal+, qui ont censuré les images.

Hier, pendant que le match opposant les équipes de la République démocratique du Congo et de la Côte d’Ivoire se jouait sur le terrain, un autre combat avait lieu dans les gradins. Une main sur la bouche pour dénoncer le silence de la communauté internationale et des grands médias, une sur la tempe pour rappeler que ce silence tue par millions. Venus nombreux soutenir leur équipe, nombreux étaient les supporters Congolais à afficher des pancartes et ces postures, également adoptées par les Léopards en début de rencontre et par leur entraineur, pour mettre en lumière les massacres qui se déroulent à l’est de la RDC dans l’indifférence quasi générale.

Ras-le-bol contre la guerre et l’indifférence

#FreeCongo est un mouvement de révolte générale des Congolais et amis du Congo. Premièrement, face au pillage de leurs ressources : gaz, pétrole, diamant et 80% des réserves mondiales de coltan, minerai indispensable à la fabrication des batteries de smartphones par les multinationales et des milices armées. Deuxièmement, contre le massacre de millions de personnes, perpétré par les mêmes milices, soit quelques 300 groupes rebelles, dont le M23 financé et armé par le Rwanda et l’Ouganda (rapports de Human Rights Watch et de l’ONU), pays eux-mêmes parrainés par des grandes puissances. Troisièmement, face aux viols et mutilations sexuelles dont sont victimes les populations civiles.

Riches en minerais et situées à la frontière de l’Ouganda, du Rwanda et du Burundi, les deux provinces du Nord et du Sud-Kivu ont basculé dans la violence lors des deux guerres du Congo (1996-97, 1998-2003), sans réelle accalmie. Plus au nord, après une trêve d’une quinzaine d’années, la province de l’Ituri subit le même sort depuis la fin 2017.

Malgré ces chiffres : 6 millions de morts et près de 7 millions de déplacés, ce qui en fait le conflit le plus meurtrir depuis la Seconde Guerre mondiale, la guerre au Congo reste encore un conflit orphelin. C’est dans ce cadre que le mouvement #FreeCongo gagne de l’ampleur sur les réseaux sociaux.

Mise en visibilité censurée ?

« Nous n’avons pas gagné ce match mais au moins, nous avons gagné une très grande victoire : faire passer notre message. »

Sébastien Desabre, entraineur des Léopards

Mais les téléspectateurs n’auront quasiment rien vu des gradins où les supporters de la RDC pensaient profiter des feux de projecteurs braqués sur la rencontre de mercredi pour sensibiliser les opinions publiques en Afrique et dans le reste du monde sur le cycle de violence duquel le pays ne parvient pas à s’extraire. Sur les réseaux sociaux, le diffuseur Canal+ est blâmé pour cette censure qui nourrit le mouvement de boycott justifié par les nombreux griefs des abonnés Africains contre le groupe, filiale de Bolloré.

En RDC, les mouvements citoyens ne sont pas bienvenus non plus. Dans la soirée du samedi 3 février, une dizaine d’activistes ont été appréhendés près du Palais du peuple à Kinshasa alors qu’ils manifestaient contre l’agression rwandaise et les 600 jours d’occupation de la ville de Bunagana par le M23. L’intervention aurait été menée par des individus en civil, se présentant comme des membres des services de sécurité.

Teria News

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