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Libye: Les pourparlers inter libyens devant déboucher sur la formation d’un exécutif transitoire jusqu’à la tenue des élections

Les pourparlers en marge des élections programmées pour décembre 2021 ont démarré ce lundi à Genève. Ce nouveau cycle de 5 jours est entamé au milieu d’une rivalité entre le Premier ministre démissionnaire, Fayez el-Sarraj et Fathi Bachagha, l’actuel ministre de l’Intérieur.

Depuis l’assassinat de Mouammar Kadhafi en 2011 par une coalition militaire occidentale se prévalant d’agir au nom de la « Communauté internationale », et le chaos qui s’en suivi en Libye, puis par effet domino au Sahel, de pourparlers en pourparlers, le sort du pays est discuté sur des sols étrangers par les mêmes parties qui ont oeuvré à sa destruction. Un paradoxe. Peut-être le mystère derrière l’apparente impossibilité du pays à se réconcilier avec lui-même.

En effet, les processus politiques se succèdent sans que la Libye ne semble jamais tenir enfin le bon bout de la reconstruction. Cette fois-ci, c’est autour de la rivalité entre Fayez el-Sarraj et l’actuel ministre de l’intérieur, Fathi Bachagha que se structurent en trompe-l’oeil les combats entre milices de Tripoli et Misrata. Traditionnellement opposées dans la conquête du pouvoir, leur antagonisme pourrait être opportunément exploité par les deux figures politiques.

Dimanche à Tripoli, à la veille du lancement des énièmes pourparlers de Genève, les milices fidèles à Fayez el-Sarraj ont une fois encore rejeté le processus politique initié par l’ONU. Des centaines de véhicules militaires remplis d’hommes armés ont convergé de plusieurs localités de l’Ouest libyen vers la capitale. Les milices fidèles au Premier ministre ont annoncé « unifier leur rang » et ont appelé Fayez el-Sarraj à former un nouveau gouvernement d’union nationale. Elles ont parallèlement décriéé les velléités du ministre de l’Intérieur Fathi Bachagha, l’un des candidats présentis au le poste de Premier ministre. Les milices acquises à Fathi Bachagha n’ont pas tardé à se faire entendre. Venues de Misrata, elles ont marché sur Tripoli pour, « le protéger des milices pro-Sarraj ». Pendant ce temps dans les salons de Genève Ce lundi et jusqu’au 5 février à Genève, 75 représentants libyens de tous bords participent au Forum de dialogue politique. Ils sont invités à se prononcer sur une liste de 45 candidats, dévoilée samedi par la mission de l’ONU en Libye (Manul).

Il s’agira pour eux de choisir un nouveau Premier ministre et un Conseil présidentiel de trois membres. La dernière phase de tractations entamées par l’ONU en novembre 2020.Elles ont abouties sur un accord pour une présidentielle, le 24 décembre 2021, mais ont dans un premier temps achopé sur le mécanisme de désignation d’un exécutif unifié chargé d’assurer la transition jusqu’au scrutin. Ce n’est que le 19 janvier dernier que ce point de blocage a été dépassé. Des discussions donc sur fond de vives tensions sur le terrain… Loin de la sérénité indispensable à leur bon déroulement.

Teria News

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