Sahel : le Niger appelle à des sanctions contre le Mali

Le Niger, caisse de résonance de la France au Sahel ? Le pays appelle à des sanctions contre le Mali à cause du retard pris sur le calendrier électoral et condamne les pourparlers ouverts avec la société paramilitaire Russe Wagner. Cette dernière sortie montre un alignement croissant de Niamey sur Paris et souffle sur les braises de relations tendues avec Bamako.

Le torchon brûle entre le Mali et le Niger depuis une sortie du ministre Nigérien des Affaires étrangères. Commentant l’ouverture par Bamako de pourparlers devant aboutir au déploiement de paramilitaires Russes de la société privée Wagner, le ministre a sévèrement condamné ce rapprochement. Un communiqué cinglant du Mali est venu recadrer Hassoumi Massaoudou: « Le gouvernement malien condamne et rejette ces propos inacceptables, inamicaux, et condescendants », assène Bamako.

Le chef de la diplomatie Nigérienne a de plus appelé à des sanctions contre le Mali à cause du retard accusé sur le calendrier électoral, qui prévoit la tenue d’élections en février 2022. « Si les militaires maliens ne rendent pas le pouvoir en février prochain, les sanctions internationales contre Bamako seront sévères », a-t-il menacé. « Dans la mesure où le Niger n’assume pas la Présidence en exercice de la CÉDÉAO, le Gouvernement de la République du Mali s’interroge à quel titre son ministre s’érige en porte parole de l’Organisation dont les décisions et recommandations sont clairement énoncées dans le communiqué final du Sommet », répond un communiqué de Bamako, lequel ajoute que le Mali « ne permettra à aucun État de faire des choix à sa place et encore moins de décider quels partenaires il doit solliciter ou pas. »

Niamey, caisse de résonance de Paris au Sahel ?

Depuis le dernier sommet extraordinaire du G5 Sahel tenu en juillet, le Niger est devenu le nouveau pilier de la stratégie Française au Sahel. Paris qui quitte le Mali et dont les troupes ont commencé leur départ des bases de Kidal, Tessalit et Tombouctou, se recentre sur Niamey qui accueillera le QG de Takuba élargie, le futur de Barkhane. Ce nouveau « statut » régional semble donner de l’assurance au Niger et se traduit par une condescendance envers ses voisins, en particulier vis à vis du Mali qui depuis quelques mois, se rebelle contre l’influence de la France.

Lire ou relire par Teria News « Sahel: Niamey, pivot de la transition Barkhane – Takuba »

Les autorités françaises n’ont pas caché leur mécontentement concernant le rapprochement entre le Mali et la Russie. Le président Emmanuel Macron a même multiplié les appels téléphoniques avec ses homologues d’Afrique de l’Ouest à ce propos. Niamey se fait donc une caisse de résonance de Paris et le gardien de ses intérêts au Sahel.

Rappelons que cet écart de language est une récidive. Mohamed Bazoum, président du Niger, s’était interrogé après le second coup d’État d’Assimi Goïta : « Qui va faire la guerre à leur place ? Ce serait facile si chaque fois qu’une armée de nos pays a un échec sur le terrain, elle vient prendre le pouvoir. » Une déclaration qui lui avait valu des quolibets sur le continent, où a été raillé un certain zèle pour la France.

Teria News

Quitter la version mobile